Mon analyse pour comprendre si je suis pour ou contre le développement personnel malgré ses dérives et ses gourous, que valent les coachs, notamment les coachs de vie comme Tony Robbins, sont-ils fiables ou s'agit-il d'une arnaque ? Ma réflexion à lire sur lutetiaflaviae.com

Devrait-on être pour ou contre le développement personnel ? J’essaie de trouver une réponse à travers la réflexion qui suit sur les dérives, les gourous et sur mon propre cas.


 

Le développement personnel me laisse perplexe : je vacille entre la peur et la curiosité. Depuis que je tiens ce site, je veille à ne pas trop utiliser cette formule. Par peur de confusion, par honte également. Pourtant, on m’y ramène malgré moi et mon opinion reste hésitante.

Un documentaire sur les gourous m’a inspiré ce texte. C’est le cheminement de ma réflexion plutôt qu’un argumentaire.

 

Pour ou contre le développement personnel ?

 

Est-ce si mal de vouloir se sentir mieux, de s’améliorer, de chercher le bonheur ?

Non, c’est dans notre nature. Comme êtres vivants, notre vocation est de grandir et d’évoluer. Dans l’Ethique à Nicomaque, Aristote définit le bonheur comme le but de la vie. Les Etats-Unis ont inscrit sa recherche comme droit inaliénable dans leur Déclaration d’indépendance.

Pourtant, c’est devenu kitsch.

Des courants comme les hippies ou le New Age ont peut-être participé à créer un cliché. Avant déjà, la recherche d’un certain mieux-vivre était associée à de la naïveté voire, sujette aux moqueries : *Candide ou l’optimisme. Cependant, les choses ont empiré avec la déconstruction des croyances et des religions au XXème siècle.

Or, il reste un besoin vacant. Alors que la société est devenue individualiste, les extrémismes profitent de ce manque à combler. Ils offrent un retour aux idées, maintenant qu’il n’y a plus de structures définies.

Par conséquent, le problème n’est pas tant ce que les gens ressentent ni ce qu’ils désirent, même ceux qui se perdent dans certaines idéologies. Au plus profond, il y a un vide. Et si l’on a une ou plusieurs blessures, comme la plupart des gens, on ne sait plus vers qui se tourner.

Qui l’on choisit pour nous guider pose le véritable problème.

Historiquement, on allait voir le religieux, éventuellement le philosophe. On s’est ensuite tourné vers le médecin et le thérapeute. Maintenant, cela s’est démocratisé : n’importe qui peut exercer cette autorité.

 

 

 

Est-ce que c’est forcément mal ?

Non, le charlatan a toujours existé. Par ailleurs, des contre-exemples existent chez les plus dignes de confiance : des médecins radiés, des thérapeutes abusifs et des universitaires dangereux. Il s’agit toutefois d’une minorité étant donnés les contrôles exercés et l’évaluation au sein de leurs corps de métiers.

 

Alors, est-ce que c’est bien ?

Cela dépend de plusieurs facteurs, c’est donc forcément plus complexe. Sans formation crédible, comment savoir à qui faire confiance ?

Voici quelques clés pour exercer son esprit critique et éviter les dérives :

  • Rechercher sa légitimité : est-ce qu’il est crédible ? Quelle est son histoire ?
  • Analyser son discours : quel est son message ? Que souhaite-t-il nous faire faire ? Quel est son niveau d’égo ?
  • Ecouter son intuition : si les manipulateurs savent se faire apprécier, écouter son instinct reste un indicateur important quand il nous dit de nous méfier.
  • Confronter son opinion : qu’en disent les autres (les fans ET les opposants, ceux qui viennent d’un autre milieu, d’une autre culture) ? Est-ce que leurs arguments sont pertinents ?

Celui qui pose son service ou son produit comme la solution est douteux. Un produit est un outil, un moyen, un support. Ça ne peut être une finalité. Je ne parle même pas de celui qui prétend être lui-même la solution.

 

Pourquoi ?

Parce qu’il existe autant de solutions que de problèmes. Aucune ne saura être irrémédiablement la bonne.

Par exemple : pour vaincre une addiction, on peut se tourner vers une solution médicale, vers une solution alternative ou bien y parvenir par sa seule force de volonté.

Plus une méthode est spécifique et vérifiée, plus elle a de chances d’être efficace. On peut ainsi s’y fier davantage. Ça ne garantit pas de résultats mais, c’est un signe de confiance.

 

Etude de cas : Tony Robbins, le roi du développement personnel

Illustration avec le cas Tony Robbins, le coach par excellence. Mon a priori envers lui était négatif : il me rappelait une star du développement personnel dans *un roman de Guillaume Musso. J’ai vite réalisé qu’il l’avait probablement inspiré.

Ensuite, j’ai écouté des interviews dans lesquelles ses théories m’ont paru intéressantes. J’ai regardé son travail dont le documentaire sur lui et un séminaire réalisé le 11 septembre. Force est de constater qu’il est surprenant. Dans de telles circonstances, j’ose croire qu’un charlatan n’aurait pas tenu. Enfin, j’ai apprécié *Pouvoir illimité, son livre le plus connu. Toutefois, son attitude contre le mouvement #MeToo m’a déçue.

 

 

Est-il un gourou ?

Au delà des nombreuses personnes qu’il conseille : des artistes, des athlètes et des politiques dont François Mitterrand, sa carrière dure depuis près de 40 ans. Peut-on être un charlatan aussi longtemps ? Possible mais, c’est très difficile, notamment à notre époque.

A présent, je suis partagée. Le fond est positif : il se base sur la P.N.L., je trouve son contenu pertinent. En revanche, la forme m’intéresse moins. On est dans l’exubérance. Je sais que c’est fait exprès : la musique, les projecteurs, tout cela participe à créer une énergie dynamisante. Personnellement, ça ne me correspond pas. Je préfère lire un de ses livres.

Quant à lui-même, je reste méfiante mais, sans jugement particulier. Je n’ai jamais eu l’impression qu’il exerçait un culte autour de sa personnalité. D’ailleurs, son documentaire s’intitule “I am not your guru” (Je ne suis pas votre gourou). Pourtant, j’ai vu des gens s’extasier ou pleurer devant lui comme devant une idole.

 

Est-il responsable ?

Non, ce n’est pas de sa faute si des gens sont vulnérables.

 

Est-ce qu’il en profite ?

Il gagne beaucoup d’argent. Ses séminaires sont chers mais, l’expérience proposée le justifie j’imagine. Ça ne me choque pas plus que ça, c’est un business premium. Je ne crois pas que les gens soient manipulés au-delà des techniques de marketing conventionnelles. Je pense même que ce n’est pas sa première source de revenus.

Quant à son discours : il n’y a pas d’aspect communautaire, de diabolisation des autres ni de l’extérieur. S’il y a des intentions cachées ou des abus de faiblesses, ils restent encore à démontrer.

Par conséquent, je ne crois pas qu’il soit un gourou. Du moins, il ne se pose pas en tant que tel.

 

Parmi mes livres de développement personnel : Pouvoir illimité de Tony Robbins, Les 7 habitudes de ceux qui réussissent tout ce qu'ils entreprennent de Stephen Covey. Découvrez ce que je pense de ces gourous sur lutetiaflaviae.com

 

Et moi dans tout ça ?

L’éthique est un des principes que je valorise le plus. Je privilégie les scientifiques ou la rigourosité d’une Gretchen Rubin, par exemple. Je ne suis pas pour autant fermée aux autres, histoire de changer de perspective et de bousculer mes idées. Je préfère rester ouverte en maintenant une distance de sécurité et un esprit sceptique.

J’ai la même approche pour les livres comme le Miracle Morning ou La Magie du Rangement. Je prends ce dont j’ai besoin mais, je ne me préoccupe pas tellement de leurs auteurs, dans la mesure de l’acceptable, bien sûr. Que Marie Kondo soit trop radicale ou que Hal Elrod se concentre sur l’argent et le succès m’importe peu. C’est leur problème, pas le mien.

 

Mon avis sur La Magie du rangement, aussi appelée la méthode Konmari de Marie Kondo pour trier et ranger sa maison à lire sur lutetiaflaviae.com

 

Est-ce que je suis dans le développement personnel ?

Cette expression m’irrite. J’ai d’ailleurs remarqué que j’étais beaucoup moins réceptive à cette thématique en français. Est-ce dû à nos préjugés et à notre célèbre pessimisme ? Peut-être. En tout cas, je n’aime pas l’idée de développement personnel. Je ne la trouve pas juste.

Si j’ai appris quelque chose en lisant ces méthodes, c’est que la démarche ne se fait pas dans un but individualiste voire, égoïste. Quand on se sent bien, la première chose dont on a envie, c’est de le partager. Quant à la naïveté, l’expérience m’a montré que ceux qui connaissent ou qui ont dépassé des épreuves sont souvent les plus positifs.

Or, le développement personnel m’évoque toujours les cultes, les sectes et les gourous. Ça me fait plus peur qu’autre chose !

Je préfère la philosophie et la psychologie. J’ai passé une partie de l’année à lire les théories des penseurs antiques sur le bonheur. S’il fallait conseiller un livre, *Les Pensées pour moi-même de Marc-Aurèle me semblent plus intéressantes et moins équivoques que n’importe quelle méthode. Mort depuis des siècles, on ne peut pas le suspecter de vouloir manipuler qui que ce soit !

Cependant, peut-on me prendre au sérieux quand j’aborde la loi de l’attraction ? Même si elle s’expliquerait scientifiquement ? Même si je possède un carnet rempli d’histoires de manifestations ?

 

Ma bibliothèque de livres de développement personnel avec des traités, des essais, des biographies ou des romans philosophiques. A découvrir sur lutetiaflaviae.com

 

Quelle est ma démarche ?

Mon but est de pousser à réfléchir, de donner des clés pour exercer son esprit critique. Ce sont mes propres objectifs, ce pourquoi j’ai fait des études de lettres et c’est ce que je désire partager dans cet espace.

Je ne pense pas construire sur le culte de la personnalité, au contraire j’en dévoile relativement peu sur moi. Par ailleurs, je qualifie mes produits de ressources et d’outils.

Néanmoins, j’avoue que c’est compliqué pour des questions de vocabulaire. Quand je rédige une page de vente, les techniques de marketing dont on est imprégné nous pousseraient presque à écrire “C’est la solution à tous vos problèmes !” D’autant plus quand on a créé un produit pour répondre à un besoin spécifique.

 

Et si je devenais aussi coach ?

Le coaching est quelque chose que je travaille à mettre en place. Dans un premier temps, parce que j’ai reçu plusieurs demandes. Ensuite, parce que j’ai l’impression de connaitre suffisamment mes sujets pour guider vers des solutions.

Toutefois, c’est une démarche délicate que j’ai repoussé pour des questions de légitimité. Il y a une énorme pression à se sentir capable d’aider quelqu’un, indépendamment de sa situation.

Néanmoins, j’ai compris que le rôle du coach n’était pas de solutionner les problèmes. Il est là pour faire comprendre les blocages, aider à clarifier les envies et accompagner dans le cheminement.

Le coach n’est pas le médecin des émotions.

Ce n’est pas lui qui va guérir un sentiment ou un trouble. Nous seuls en sommes capables. Le coach, lui, est là pour nous tenir la main durant le processus.

 

Qu’en est-il du coaching de vie ?

Là encore, c’est une formulation, à mon sens, problématique. Non pas que je sois contre le principe. Cependant, quand on entend “coach de vie”, on a l’impression qu’on nous apprendrait à mieux vivre. Comme si quelqu’un savait vraiment !

Je ne crois même pas qu’ils aient cette prétention mais, la notion est trop générale et vague. S’en est dangereux puisque tout le monde peut y voir quelque chose de différent et se créer des attentes illusoires.

 

Conclusion

La recherche du bonheur est :

  • un besoin naturel
  • un but
  • un droit

Pourtant, l’expression “développement personnel” crée une confusion qui me met mal à l’aise. Avec un esprit critique, on peut trouver des solutions à ses problèmes sans pour autant basculer dans un culte. Donc je serais pour une autre formulation et avec beaucoup de méfiance.

Quant à ce que je partage, je ressens toujours une honte, un besoin de me justifier, limite de m’excuser lorsque j’aborde ce thème. Je n’ai pas envie d’être assimilée au “woo-woo” mais, je souhaite rester ouverte à des sujets plus spirituels. Toutefois, je cherche à tester, à discuter et à corroborer le plus possible. Ainsi, je peux m’en tenir aux faits et offrir une perspective plus rationnelle.

 

Et vous, êtes-vous pour ou contre le développement personnel, quelle est votre démarche ?

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